Mai 68 a été au cœur de la
campagne de l’élection présidentielle. Nicolas Sarkozy ne s’est pas caché de vouloir rompre avec l’esprit de Mai. Ce fameux esprit qui devait une nouvelle fois révolutionner la France. Pour mieux
comprendre un moment de l’histoire de France que je n’ai pas connu, je me suis plongé dans la lecture du livre de Jean-Pierre Le Goff « Mai 68, l’héritage impossible ».
La sécurité est un thème qui nous est
cher. C’est un droit élémentaire pour chaque citoyen. Nous pourrions nous lasser de constater que rien ne change. Pourtant nous continuerons à exiger de la droite qu’elle ne nous déçoive pas et
qu’elle respecte les engagements qu’elle a pris dans ce domaine devant les électeurs.
Sur un sujet aussi sensible, nous aurions aimé que le Président Sarkozy s’implique pleinement. Nous souhaiterions qu’il décrète un plan d’action d’urgence et non un énième plan de réflexion.
C’est bien connu, le monde de la culture et la droite ne sont pas les meilleurs amis du monde. Nouvelle illustration avec la
polémique suscitée par la réaction de Mme Albanel à un éditorial paru dans une brochure de la scène nationale de Belfort. Les propos litigieux d’un metteur en scène sont les suivants :
« Je sais que cet événement (l’élection de N. Sarkozy) peut avoir des conséquences profondes et probablement désastreuses, sur le cours de nos existences ».
Pour certains il s’agit d’une vaine polémique. La ministre aurait mieux fait de se taire, car le combat est battu d’avance. Pour notre part nous soutenons son initiative. Là est la rupture : ne pas se laisser impressionner par ceux qui considèrent avoir le monopole de la culture !
Les
peuples occidentaux ont supprimé les guerres, elles pratiquent le sport pour les remplacer. Ce sont d’ailleurs les seuls moments autorisés à être patriote. La coupe du monde de Rugby a démarré
hier soir (par une défaite de la France). Les commentateurs vont nous rabâcher les oreilles avec les valeurs du rugby pendant plus d’un mois : respect, honneur, fairplay…
Pour un fan de foot comme moi, ces propos font mal mais ils sont vrais. Le rugby est un sport propre. Le politiquement correct a sa place partout, y compris dans le sport. Il permettra de s’extasier devant ces valeurs mais dispensera les plus bavards d’expliquer les raisons de la consécration des « valeurs rugby » et de la décadence du football.
Pourtant, nul besoin d’être sociologue pour s’apercevoir que le football a toujours drainé les couches populaires, celles des usines. Les ouvriers de l’époque (italiens, polonais, portugais) nous ont offert des joueurs de foot exceptionnels et assimilés (Platini, Kopa…). Avec une éducation scolaire légère, le joueur de football savait pourtant « se tenir ». Il aimait la France, chantait l’hymne national, s’habillait hors du terrain et parlait le français comme tout un chacun. Aujourd’hui, si l’origine sociologique des footballeurs n’a pas changé (milieux les plus humbles), les héros ont changé. Les populations de banlieue, majoritairement d’origine maghrébine, pratiquent beaucoup le sport, et le football en particulier car il est facile de trouver une aire de jeu dédiée. Au contraire, le rugby est un jeu du sud ouest (peu touché par l’immigration) et compliqué à jouer car nécessitant de l’espace et de la pelouse. Le résultat ? Les joueurs de football d’aujourd’hui sont tous issus des cités et véhiculent une image déplorable de ce sport : le look, le vocabulaire, la génération « console de jeux » et la violence (verbale et physique) des rappeurs, des racailles. Les matches de football, comme les gares ou le quartier de la Défense, sont le théâtre de violences inouïes. Le terrain de football, comme certaines banlieues, devient une enclave où les règles (la loi, le règlement) disparaissent.
La nouvelle génération de footballeurs manque cruellement de Laurent Blanc, de Papin, de Bruno Martini, de Thierry Henri, même de Lilian Thuram (malgré quelques décélérations imprudentes), ces joueurs qui ont fait honneur à la France car élégants, fiers de leur pays, capables de s’exprimer en français sans accent, habillés en costume cravate à la sortie des vestiaires, respectueux de leurs entraîneurs... Ce sont des détails ? Certes, mais ce sont les symboles qui marquent les esprits.
A l’heure où j’écris cet article, la France vient de perdre son premier match. Triste soirée. Toutefois, dans le sport, comme dans la vie, virilité peut rimer avec respect des autres.



